Enfants et difficultés scolaires

1Qu'est-ce qu'un trouble d'apprentissage ?

Un trouble d'apprentissage est défini comme un ensemble de difficultés hétérogènes dont les causes relèvent d'un dysfonctionnement ou d'un retard dans l'organisation cognitive de la pensée. D'une façon plus large est considéré comme trouble d'apprentissage tout type de trouble fonctionnel venant entraver les capacités d'apprentissage. Les troubles d'apprentissages peuvent être limités à une fonction spécifique: le langage, la mémoire, l'attention, le calcul, les repères dans le temps et dans l'espace… ou étendus à plusieurs secteurs intellectuels. On distingue également les troubles qui apparaissent chez des enfants dont l'intelligence est normale et les troubles qui proviennent d'une déficience ou d'un retard intellectuel. De façon symétrique les enfants disposant d'une forte intelligence montrent des décalages dans leur fonctionnement intellectuel qui peuvent générer des échecs scolaires paradoxaux (problématique des enfants surdoués). Dans d'autres cas encore, le potentiel d'apprentissage est intact mais bloqué, inhibé par un trouble psychologique. C'est la facette de l'échec scolaire sur le versant psychologique. Et, toujours, existe une intrication étroite entre troubles des apprentissages et souffrance psychologique. Enfin, un trouble d'apprentissage perturbe lourdement l'adaptation de l'enfant à son environnement et crée au sein de la famille de très nombreux et douloureux conflits.

2Les principaux troubles d'apprentissage

Les principaux troubles d'apprentissage

 

2.1Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) se caractérise par une tendance excessive à la distraction (inattention) et/ou à l’activité physique (hyperactivité) chez un enfant. Il est l’une des causes principales de référence en neuropsychologie infantile . Le trouble se manifeste par une agitation motrice, une impulsivité du comportement et cognitive associées à une atteinte importante des capacités d'attention. L'enfant est incapable de rester en place, s'agite, répond sans réfléchir et ne peut se concentrer sur son travail. Les erreurs d'étourderie sont très fréquentes, le travail est bâclé, rarement fini, les consignes sont peu respectées, le manque de persévérance est inquiétant,… Le TDA/H concerne de 3 à 5 % d'enfants en âge scolaire. 50% de ces enfants sont en grave échec scolaire.

Il existe trois types de déficits attentionnels soit :

  1. Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH)
  2. Trouble déficitaire de l’attention sans hyperactivité (TDA)
  3. L’hyperactivité sans déficit de l’attention

Les manifestations

La diversité des manifestations du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité rend complexe leur énumération. Nous avons répertorié ici des manifestations fréquemment observées chez les enfants qui présentent ce trouble du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité
(Noter que cette liste n’est pas exhaustive.)
Inattention :

  • Difficulté à sélectionner l’information pertinente;
  • Difficulté à rester longtemps attentif sur un travail;
  • Mémoire immédiate souvent déficitaire;
  • Pertes et oublis fréquents de matériel;
  • Difficulté à écouter quand on lui parle;
  • Difficulté à suivre les consignes;
  • Grande sensibilité à l’interférence (définition);
  • Difficulté majeure à se mettre à la tâche;
  • Difficulté à répartir son attention entre deux tâches simultanées (écouter et prendre des notes);
  • Désorganisation générale (matériel, effets personnels, sac d’école, etc.).

Hyperactivité-Impulsivité :

  • Tendance à bouger constamment (pieds, mains, se tortille sur sa chaise);
  • Difficulté à rester assis;
  • Se lève fréquemment en classe;
  • Tendance à jouer avec les objets qui l’entourent (par exemple, matériel sur son pupitre);
  • Difficulté à attendre son tour et veut toujours être le premier;
  • Coupe fréquemment la parole aux autres.

 

L'évaluation de psycho eveil du déficit de l'attention

L’évaluation de psycho eveil  permet de poser le diagnostic de trouble déficitaire de l’attention, d’en définir le type (inattentif, hyperactif ou mixte), le degré de sévérité et de valider ou non la présence de d’autres déficits associés. Pour ce faire, l’évaluation neuropsychologique ciblera l’ensemble des sphères cognitives tel que le potentiel intellectuel, la mémoire, le raisonnement perceptuel et le langage tout en s’attardant spécifiquement aux compétences attentionnelles du jeune.
De plus, afin d’obtenir le profil le plus complet de l’enfant dans divers contextes, des questionnaires sont remis aux parents et généralement aux enseignants afin d’identifier les comportements problématiques du jeune dans les sphères scolaire, familiale et sociale.

Approche et traitements de psycho eveil

Malgré la nature persistante de ce trouble du déficit d'attention (avec ou sans hyperactivité) il est primordial d’offrir à l’enfant qui souffre d’un TDA/H des stratégies et des outils qui lui permettront d’évoluer et d’apprendre à pallier ses lacunes tout au long de son cheminement.
Une fois le diagnostic posé ainsi que la prédominance du trouble identifiée (inattentif, hyperactif ou mixte), différentes approches peuvent être envisagées.

Interventions psychosociales

En effet, un traitement pharmacologique* jumelé à des interventions psychosociales peut s’avérer une alternative intéressante qui facilite l’adaptation du jeune aux différentes facettes de son quotidien. Ainsi, en plus de pallier directement l’inattention et/ou l’agitation par un traitement pharmacologique, on intervient sur la qualité de vie et des relations sociales des jeunes qui en sont atteints. Un entraînement aux habiletés parentales, des interventions comportementales en classe ou des interventions cognitivo comportementale sont quelques exemples d’interventions psychosociales qu’’adopte le centre psycho eveil.

Rééducation des fonctions attentionnelles

Un Programme d’Intervention sur les Fonctions Attentionnelles et Métacognitives est ainsi proposé au sein du centre. Il vise essentiellement l’amélioration des fonctions attentionnelles et exécutives des enfants par un enseignement stratégique et par la répétition d’exercices qui sollicitent ces habiletés

Suivi en orthophonie

En terminant, un suivi en orthophonie pour le déficit d'attention peut également être conseillé afin d’apporter l’aide nécessaire à l’enfant qui éprouve des difficultés d’apprentissage liées à son déficit attentionnel.
Étant donné la diversité des approches et des traitements possibles, le neuropsychologue, à la lumière des conclusions de son évaluation et considérant les échanges avec les parents, fait ses recommandations quant au choix de l’intervention à privilégier.

 

2.2La dyslexie

La dyslexie est un trouble persistant de l’acquisition et de l’automatisation de la lecture. Ce trouble affecte la vitesse et la précision en lecture. Il engendre donc souvent une lecture imprécise qui nuit grandement à la compréhension. Ces atteintes s’accompagnent toujours de difficultés en écriture, correspondant souvent à un trouble de l’écriture (dysorthographie) qui peuvent rendre très ardu le cheminement scolaire de ces jeunes partout ou la lecture et l’écriture sont sollicitées (français, mais aussi mathématiques, sciences, histoire, etc.).

Ce trouble développemental perturbe l'acquisition de langage écrit chez les enfants intelligents ne présentant ni trouble sensoriel, ni trouble psychologique, ni carence socioculturelle grave. Il faut savoir que les enfants qui présentent ce trouble ont malgré tout de grandes forces cognitives sur lesquelles ils peuvent s’appuyer afin de développer des stratégies de travail pour compenser leurs lacunes.

Voici un bref aperçu des types de dyslexies recensés à ce jour :

1) Dyslexie phonologique (voie d’assemblage)

La dyslexie phonologique se caractérise par un trouble du décodage, soit de la correspondance graphèmes-phonèmes (correspondance du son écrit au son oral). L’enfant peut alors omettre des sons, inverser la séquence des sons à l’intérieur d’un mot et même changer un son pour un autre. Les difficultés soulevées par ce type de dyslexie peuvent amener l’enfant à vouloir deviner les mots. Au lieu de lire le mot syllabe par syllabe, il tente de le lire dans son ensemble en se fiant à certains repères graphiques ou sémantiques (sens) (ex.: premier pour promenade, chat pour chien). Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture impulsive et imprécise ou au contraire extrêmement lente.

2) dyslexie lexicale (voie d’adressage)

La dyslexie lexicale se caractérise par une difficulté importante à reconnaître les mots dans leur globalité. L’enfant peine donc à lire les mots irréguliers tel que femme, monsieur, fusil, etc. puisqu’il tente constamment de les décoder syllabe par syllabe. Comme il arrive difficilement à garder les mots en mémoire, il peut buter même devant des mots réguliers ou fréquents puisqu’il lit ces derniers comme s’il les voyait pour la première fois même si ce n’est pas le cas. Ce type de dyslexie entraîne souvent une lecture très lente et laborieuse où la recherche de sens est pratiquement absente.

3) dyslexie mixte

La dyslexie mixte se caractérise par des difficultés autant au niveau du décodage qu’au niveau de la reconnaissance visuelle des mots dans leur ensemble. Ce type de dyslexie rend la lecture très laborieuse pour l’enfant qui n’est à l’aise dans aucune des voies qu’un lecteur doit emprunter (assemblage, adressage) .

Les manifestations

  • Omission, substitution et inversion de sons dans les mots (ex.: page pour plage, poulet pour poulain, foule pour flou);
  • Confusion entre les lettres miroirs (b/d, p/q) et les sons proches (ch/j, d/t);
  • Difficultés importantes au niveau du décodage (lecture lente et saccadée);
  • Devine parfois les mots en se fiant aux premières lettres ou encore en se fiant au sens de la phrase;
  • Difficulté à reconnaître les mots dans leur ensemble;
  • Difficulté à lire les mots irréguliers (ex.: monsieur, fils, femme, etc.);
  • Saute les petits mots de relation et de liaison dans les phrases;
  • Compréhension de lecture difficile puisque l’enfant est centré sur le décodage;
  • Grande fatigabilité lors d’une tâche de lecture.

L'évaluation de psycho eveil de la dyslexie

Le diagnostic de dyslexie exige une évaluation approfondie de l’ensemble des sphères cognitives  potentiel intellectuel, mémoire, attention, raisonnement perceptuel, fonctions exécutives, etc. afin de valider la présence d’un trouble spécifique ou encore de d’autres déficits pouvant engendrer les difficultés observées en lecture. De plus, l’analyse de la nature et de la fréquence des erreurs permet de préciser le type de dyslexie et, par le fait même, d’orienter adéquatement la rééducation suggérée. Aussi, il faut savoir qu’en milieu scolaire, les jeunes présentant ce trouble spécifique peuvent bénéficier de mesures d’adaptation ciblées et individualisées selon le profil des enfants leurs permettant de s’actualiser malgré leurs difficultés (ex.: temps supplémentaire, accès à des notes de cours informatisées, souplesse dans la correction des erreurs grammaticales, etc.).
Ainsi, l’évaluation neuropsychologique permet de statuer sur les différentes adaptations à préconiser pour chacun de ces enfants et permet également à l’enfant lui-même de saisir la nature de ses difficultés et de prendre conscience des forces qui le caractérise.

Approche et traitements a psycho eveil

Malgré la nature persistante de la dyslexie, il est primordial d’offrir à l’enfant qui en souffre une rééducation qui lui permettra d’évoluer, de s’outiller et d’apprendre à pallier ces difficultés tout au long de son cheminement.

Suivi orthophonique pour la dyslexie

Ainsi, une fois le diagnostic posé et la nature du trouble explicitée, la rééducation s’oriente alors selon les besoins et les caractéristiques de l’enfant. Un suivi individuel en orthophonie est souvent recommandé. Une rééducation spécifique des processus d’apprentissage et d’automatisation de la lecture est alors entamée où l’on revoit avec l’enfant la connaissance des correspondances graphèmes/phonèmes, des stratégies de décodage et de reconnaissance des mots. On tente aussi de favoriser le transfert de ces nouveaux acquis et de ces nouvelles stratégies à leur application dans toutes les sphères académiques (compréhension de lecture, rédaction, résolution de problèmes, histoire, etc.) afin de diminuer l’impact de ce trouble.
L’intervention de d’autres professionnels peut également être indiquée (ergothérapeutes, psycho éducateurs, etc.), ce que l’évaluation neuropsychologique permet de d’identifier.

 

2.3Trouble spécifique du développement du langage oral (dysphasie)

Le trouble spécifique du développement du langage oral (TSDLO) est un trouble persistant du langage qui affecte la compréhension et/ou l’expression d’un message verbal. Il n’est pas la conséquence d’un manque de stimulation, d’un déficit sensoriel, par exemple auditif, ni d’une déficience intellectuelle. Au contraire, ces enfants ont un désir de communiquer et présentent souvent une intelligence normale. Ce trouble du langage peut avoir des répercussions dans plusieurs sphères de la vie de l’enfant puisque ce dernier peine à s’exprimer et à comprendre tout ce qui a trait au langage.

Les symptômes de la dysphasie

La dysphasie est un trouble primaire du langage qui s’exprime par des atteintes, de nature et d’intensité variables, au bon fonctionnement du langage. La diversité de ses manifestations rend complexe leur énumération. Nous avons donc tenté de répertorier ici des manifestations fréquemment observées chez les enfants qui présentent ce trouble.
(Noter que cette liste n’est pas exhaustive.)

Au niveau réceptif (compréhension du langage) :

  • La compréhension du vocabulaire est restreinte
  • Les mots abstraits lui sont difficiles à comprendre
  • L’enfant ne comprend ni ne différencie tous les mots questions (par exemple : où, quand, comment, pourquoi, etc.)
  • Il a de la difficulté à comprendre les énoncés longs et complexes
  • Les messages sont souvent compris au pied de la lettre (sans nuance).

Ces manifestations peuvent souvent nous laisser croire que l’enfant est inattentif.

Au niveau expressif (expression du langage) :

  • L’utilisation et l’organisation des sons peuvent être inadéquates à l’intérieur des mots
  • L’enfant souffre d’un manque du mot (difficulté à trouver le mot exact)
  • Il sur utilise les mots de remplissage (par exemple: chose, affaire, truc, etc.)
  • Sa construction de phrases est atypique (par exemple: utilisation du verbe avant le sujet)
  • L’enfant présente plusieurs hésitations/pauses dans son discours
  • Il a de la difficulté à définir un concept ou une idée verbalement
  • Il utilise mal ou omet les mots de liaison.

L'évaluation de psycho eveil de la dysphasie

Le diagnostic de TSDLO exige une évaluation approfondie de l’ensemble des sphères cognitives de l’enfant afin de valider la présence d’un trouble spécifique ou encore de d’autres déficits pouvant engendrer les difficultés observées dans la sphère du langage.
Ainsi, lors de l’évaluation neuropsychologique a psychoeveil, le potentiel intellectuel, le raisonnement perceptuel, la mémoire, l’attention, les fonctions exécutives et bien entendu le langage, réceptif et expressif, sont évalués ce qui permet au neuropsychologue de poser le diagnostic de dysphasie (TSDLO). Les grandes orientations pédagogiques qui seraient favorables au plein épanouissement de l’enfant sont aussi proposées. L’évaluation permet également d’identifier les forces cognitives de l’enfant à partir desquelles les professionnels chargés de l’intervention pourront tirer profit au maximum de la rééducation.

Approche et traitements de la dysphasie

Malgré la nature persistante de ce trouble, il est primordial d’offrir à l’enfant qui souffre de dysphasie (ou TSDLO) une rééducation qui lui permettra d’évoluer, de s’outiller et d’apprendre à pallier ses difficultés tout au long de son cheminement. Cette rééducation est essentiellement réservée aux orthophonistes qui, à elles-seules, élaborent et mettent en place le plan de traitement et d’intervention adapté à chacun des enfants. Ce suivi en orthophonie est essentiel pour permettre à l’enfant de se développer malgré ses grandes difficultés.

 

2.4La dyspraxie

La dyspraxie est un trouble développemental qui affecte le contrôle, la coordination et la planification d’un geste moteur. L’enfant qui en souffre se voit donc incapable de réaliser une séquence de gestes de façon harmonieuse et efficace.
La dyspraxie est un trouble psychomoteur qui affecte tout ce qui est geste volontaire et qui doit être organisé en séquences. Un enfant dyspraxique tombe souvent, se cogne, fait tout tomber autour de lui, donne des coups involontaires aux autres. Dans les jeux de cubes, les puzzles, les jeux d'assemblage l'enfant est perdu. L'enfant dessine peu et mal. Il dépasse systématiquement dans les coloriages. A l'école les conséquences arrivent vite : l'acquisition de l'écriture est laborieuse, le geste graphique est crispé, l'enfant forme mal ses lettres, écrit successivement trop petit ou trop gros, n'arrive pas à rester sur les lignes,… Les devoirs sont brouillons, mal présentés, sales,… Et surtout, l'écriture demande une grande énergie à l'enfant, alors il devient lent, ne finit jamais son travail,... et tout le monde s'énerve car personne ne comprend. L'enfant souvent brillant à l'oral est considéré comme fainéant, paresseux, incapable de fournir le moindre effort alors qu'il se passe exactement le contraire. Les enfants dyspraxiques redoublent très fréquemment car ils sont vite en échec à cause de l'écrit et rien ne s'améliore car le trouble ne se dissipe jamais seul. Ce sont des cohortes d'enfants en échec qui sortent trop souvent du système scolaire classique alors que la rééducation du trouble leur aurait permis une scolarité réussie !

Les manifestations

Au quotidien :

  • Difficulté à planifier un mouvement
  • Difficulté à reproduire un mouvement
  • Difficulté à effectuer les petits gestes du quotidien (s’habiller, lacer ses chaussures, se moucher, utiliser une clé, tracer des traits, couper des aliments, etc.)
  • Difficulté à assembler des objets (casse-tête, Lego, Meccano, etc)
  • Difficulté à s’orienter dans l’espace, sur une feuille, dans un plan, sur une carte, etc.
  • Chutes et maladresse souvent observées
  • Pauvreté dans la précision des gestes
  • Malhabile dans certaines activités sportives (saut à la corde, jeux de balles et ballons, danse)
  • Hypersensibilité ou hyposensibilité au toucher
  • Difficulté de latéralisation (difficulté à reconnaître la gauche et la droite).

En contexte scolaire:

  • Mauvaise préhension du crayon
  • Productions écrites mal organisées sur la feuille
  • Un tracé difficile pour certaines lettres
  • Calligraphie parfois illisible
  • Difficulté avec le décodage de lettres, de chiffres
  • Apprentissage difficile des algorithmes mathématiques (suite d’opérations permettant de donner la réponse à un problème)
  • Difficulté en géométrie.

Finalement, les différentes manifestations de la dyspraxie nous amènent souvent à croire que l’enfant est maladroit, immature, paresseux et qu’il ne s’applique pas à la tâche alors qu’au contraire, les ressources cognitives qu’il déploie pour accomplir de simples gestes sont immenses comparativement aux autres enfants de son âge. Après avoir déployé tous ses efforts et mobilisé toute son attention sur la production de certains gestes, il ne lui reste souvent plus d’énergie pour demeuré centré sur la tâche.

L'évaluation de psycho eveil pour la dyspraxie

L’évaluation permet d’établir le diagnostic de dyspraxie, d’en définir la nature et de valider ou non la présence de d’autres déficits associés. Cette dernière permet dans un premier temps de vérifier les compétences intellectuelles de l’enfant puis d’évaluer l’impact des difficultés motrices sur chacune des fonctions cognitives (attention, mémoire, raisonnement perceptuel, fonctions exécutives, langage, etc.). Parmi la grande variété d’outils d’évaluation du Centre, l’utilisation d’outils excluant des composantes motrices permet aux professionnels de mettre en relief le raisonnement de l’enfant, sa vivacité intellectuelle ainsi que les forces sur lesquelles il pourra investir pour pallier à ses difficultés.

Approche et traitements a psycho eveil

Malgré la nature persistante de ce trouble, il est primordial d’offrir à l’enfant qui en souffre une rééducation qui lui permettra d’évoluer, de s’outiller et d’apprendre à pallier les difficultés motrices qui le limitent et ce, dans les différentes sphères de sa vie.
Ainsi, une fois le diagnostic de dyspraxie posé et la nature du trouble explicitée, la rééducation peut alors être orientée selon les besoins et les caractéristiques de l’enfant. Ce trouble qui affecte principalement la sphère motrice de l’enfant nécessite bien souvent un suivi en psychomotricité Cette rééducation peut entre autres viser l’amélioration du graphisme, l’organisation dans l’espace, le développement des concepts verbaux afin de favoriser l’acquisition des notions spatiales et la décomposition de gestes complexes en gestes simples.
Il faut savoir que l’intervention rééducative a ses limites, d’où l’importance de la mise en place de mesures palliatives qui aident les jeunes à tirer profit de leur environnement comme par exemple l’usage d’un traitement de texte, l’utilisation d’un ordinateur, la présence de supports ergonomiques, etc.
La nature et les causes de la dyspraxie, souvent méconnues des parents et des intervenants, confrontent ces derniers à une incompréhension des problèmes de l’enfant. Un volet de la rééducation vise donc à bien informer les parents des implications et des conséquences de ce trouble dans la vie de leur enfant pour leur fournir les outils nécessaires au plein épanouissement de ce dernier

 

2.5 La dyscalculie

La dyscalculie est un trouble persistant et spécifique de l’apprentissage du nombre et du calcul qui se caractérise par de grandes difficultés dans le domaine des mathématiques. Les enfants qui souffrent de ce trouble peinent à traiter les nombres (reconnaître et produire les chiffres, passer de l’oral à l’écrit, etc.), à mémoriser les tables (addition, soustraction, multiplication et division) et à calculer (difficultés à effectuer de simples opérations qu’ils peuvent confondre les unes avec les autres) et à comprendre ce qu’est un nombre (comprendre le lien entre le symbole et la quantité).

Les manifestations

  • Difficulté lors du dénombrement et utilisation fréquente des doigts ou autres objets pour compter
  • Difficulté à lire et à écrire des nombres (lire 26 pour 62, écrire 707 pour 77, lire 6 pour 9, etc.)
  • Difficulté à effectuer des opérations arithmétiques
  • Difficulté à retenir les tables de multiplication
  • Difficulté à saisir et à utiliser les termes mathématiques (la différence, la somme, la quantité, plus que, moins que, deux fois plus que, etc.)
  • Difficulté à comprendre les énoncés de problèmes mathématiques
  • Difficulté à gérer l’argent
  • Orientation visuo-spatiale déficitaire (difficulté à s’orienter dans l’espace)
  • Problèmes en géométrie

L'évaluation de psycho éveil de la dyscalculie

L’évaluation du psycho éveil permet d’établir le diagnostic de dyscalculie, d’en déterminer le type et de valider ou non la présence de d’autres déficits associés. Pour ce faire, l’évaluation neuropsychologique ciblera l’ensemble des sphères cognitives (potentiel intellectuel, mémoire, attention, raisonnement perceptuel, langage, etc.) tout en portant une attention particulière sur les habiletés spécifiques au domaine des mathématiques.
Il est important de savoir qu’en milieu scolaire, les jeunes diagnostiqués dyscalculiques peuvent bénéficier de mesures d’adaptation individualisées selon leurs forces et leurs difficultés leur permettant de s’actualiser malgré leur trouble d’où l’importance d’une évaluation professionnelle. Cela permet de plus à l’enfant lui-même de saisir la nature de ses difficultés et de prendre conscience des forces qui le caractérise.

Approche et traitement à psycho eveil

Une fois le diagnostic posé et la nature du trouble explicitée, la rééducation s’orientera selon les besoins et les caractéristiques propres à l’enfant tel qu’établis lors de l’évaluation. Un suivi individuel en orthopédagogie est souvent recommandé où l’on tentera d’outiller l’enfant afin de le rendre autonome autant dans les tâches scolaires que dans les tâches de la vie quotidienne où les mathématiques sont sollicitées (manipulation de l’argent, utilisation de la calculatrice, orientation, etc.).

 

2.6 La dysorthographie

La dysorthographie est un trouble persistant de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe. Il affecte principalement l’apprentissage et l’automatisation de la correspondance phonème graphème (correspondance de l’unité sonore à son unité écrite) ainsi que la capacité à se représenter visuellement l’orthographe des mots. Ce trouble d’apprentissage engendre fréquemment des omissions (fagile pour fragile), des inversions (fargile pour fragile) et des substitutions de lettres et/ou de syllabes (vragile pour fragile) dans les mots écrits.
De façon générale, les troubles de l’orthographe sont souvent plus sévères, mais surtout persistent plus longtemps que les difficultés en lecture. Néanmoins, un enfant peut être affecté d’un trouble spécifique de l’orthographe sans qu’il n’y ait de trouble de la lecture.
Les manifestations

  • Ajout de lettres ou de syllabes à l’intérieur des mots
  • Inversion de lettres ou de syllabes à l’intérieur des mots
  • Difficulté à respecter l’entité des mots (ex.: lajout pour l’ajout, unabit pour un habit)
  • Orthographe grammaticale souvent très faible (accord dans le groupe du nom, respect de la conjugaison des verbes, etc.)
  • Orthographe d’un même mot qui varie d’un endroit à un autre (enfan, anfan, anfent)
  • Orthographe d’un même mot qui varie d’un endroit à un autre (enfan, anfan, anfent)
  • Orthographe d’un même mot qui varie d’un endroit à un autre (enfan, anfan, anfent)
  • Calligraphie irrégulière et malhabile

L'évaluation de psycho éveil de la dysorthographie

Le diagnostic de dysorthographie exige une évaluation approfondie de l’ensemble des sphères cognitives (potentiel intellectuel, mémoire, attention, raisonnement perceptuel, fonctions exécutives, etc.) afin de valider la présence d’un trouble spécifique ou encore de d’autres déficits pouvant engendrer les difficultés observées en écriture. De plus, l’analyse de la nature et de la fréquence des erreurs permet d’orienter adéquatement la rééducation suggérée. Aussi, il faut savoir qu’en milieu scolaire, les jeunes présentant ce trouble spécifique peuvent bénéficier de mesures d’adaptation ciblées et individualisées selon leur profil leur permettant de s’actualiser malgré leurs difficultés (ex.: temps supplémentaire pour la rédaction de texte, accès à des aide-mémoire visuels pour certaines règles orthographiques, notes de cours informatisées, souplesse dans la correction des erreurs grammaticales, utilisation d’un dictionnaire électronique, etc.)

Ainsi, l’évaluation neuropsychologique permet de statuer sur les différentes adaptations à préconiser pour chacun de ces enfants et permet également à l’enfant lui-même de saisir la nature de ses difficultés et de prendre conscience des forces qui le caractérise.

Approche et traitements de la dysorthographie
Malgré la nature persistante de ce trouble, il est primordial d’offrir à l’enfant qui en souffre une rééducation qui lui permettra d’évoluer, de s’outiller et d’apprendre à pallier ces difficultés tout au long de son cheminement.

Suivi  orthophonique pour la dysorthographie Ainsi, une fois le diagnostic de dysorthographie posé et la nature du trouble explicitée, la rééducation peut alors être orientée selon les besoins et les caractéristiques de l’enfant. Un suivi individuel en orthopédagogie ou en orthophonie est souvent recommandé. Une rééducation spécifique des processus d’apprentissage et de la maîtrise de l’orthographe est alors entamée où l’on revoit avec l’enfant la connaissance des correspondances phonèmes/graphèmes et de certaines règles et particularités orthographiques. Aussi, on vise l’apprentissage et l’utilisation de stratégies de visualisation et de mémorisation de l’orthographe des mots.

L’intervention de d’autres professionnels peut également être indiquée (ergothérapeutes, psycho-éducateurs, etc.), ce que l’évaluation neuropsychologique permet de d’identifier.

 

2.7 Les troubles envahissant du développement (TED)

Les troubles envahissant du développement sont des troubles neurologiques qui affectent principalement les relations sociales et la communication chez l’enfant. Ces troubles se manifestent aussi par l’apparition de comportements atypiques (inhabituels) et le développement d’intérêts restreints chez le jeune ou l’adulte qui en est atteint.
Le nombre et le type de symptômes, le degré de gravité de ces derniers, l’âge de leur apparition et le niveau de fonctionnement varient d’une personne à l’autre mais les difficultés de comportement, de communication et d’interactions sociales sont les manifestations communes aux troubles envahissant du développement.

Les troubles du spectre autistique (TSA)

L’expression « troubles du spectre autistique » est la nouvelle expression générique qui englobe les troubles suivants : le trouble autistique (ou autisme), le syndrome d’Asperger, le trouble envahissant du développement – non spécifié (TED-NS), le syndrome de Rett (SR) et le trouble désintégratif de l’enfance (TDE)

Les manifestations

D’après les critères diagnostics, cinq troubles envahissants du développement sont recensés (Trouble autistique, Syndrome de Rett, Trouble désintégratif de l’enfance, Syndrome d’Asperger et Trouble envahissant du développement non-spécifié).
Vous retrouverez ici les manifestations de trois de ces troubles envahissant du développement qui sont plus fréquemment diagnostiqué au centre psycho éveil.

Trouble autistique

Selon les critères du DSM-IV-TR, voici les principales manifestations de l’autisme :

  • Perturbations de la relation sociale
  • Pleurs parfois incontrôlables ou encore absence de larmes
  • Indifférence aux contacts des autres
  • Évitement des contacts physiques
  • Réactions excessives
  • Insensibilité aux souffrances physiques
  • Absence de comportements d’anticipation (par exemple, tendre les bras lorsqu’un parent s’apprête à les prendre)
  • Anomalies dans la communication
  • Difficulté de compréhension et d’utilisation des signaux et des codes sociaux
  • Expression gestuelle déficitaire ou absente (par exemple, pointage du doigt pour s’exprimer)
  • Absence de geste de sollicitation aux jeux
  • Absence de jeux de mimes, de cache-cache
  • Difficulté à interpréter les émotions correspondantes aux mimiques des interlocuteurs
  • Difficulté à s’exprimer verbalement
  • Répétition mot à mot d’un long passage entendu à la télévision ou à la radio (souvent doué d’une excellente mémoire auditive)
  • Intérêts restreints
  • Utilisation inhabituelle des jouets (attention dirigée sur une seule partie du jouet)
  • Manipulation d’objets entraînant des comportements répétitifs
  • Mouvement répétitif du corps (balancement, agitation rythmique des mains, etc.)
  • Intolérance face aux changements et situations nouvelles

Syndrome d’Asperger

Le syndrome d’Asperger se distingue des autres troubles envahissant du développement par le haut niveau de fonctionnement intellectuel observé chez les personnes qui en sont atteintes.
En se référant au DSM-IV-TR, voici les principales manifestations du Syndrome d’Asperger :

  • Intelligence normale ou vive
  • Hypo ou hyper-réactivité à certains stimuli
  • Maladresse générale tant en coordination globale que fine, certaine rigidité posturale
  • Pas de délai dans l’apparition du langage, bonnes structures grammaticales et syntaxiques, mais discours inapproprié pour le contexte et parfois d’allure pédante
  • Discours souvent “monotone” ou avec un accent qui peut paraître étranger en raison
    de la sur-articulation
  • Utilisation inapproprié de gestes qui accompagnent la parole
  • Manque d’empathie, passivité face aux autres ou échanges à sens unique selon leurs préoccupations
  • Intérêts peu diversifiés mais souvent recherche encyclopédique sur le thème choisi
  • Accumulation d’informations livresques sur un sujet particulier d’intérêt qui les absorbent complètement et qui colorent toutes les interactions.

TED non spécifié (TED nos)

Les troubles envahissant du développement non spécifiés se différencient des autres troubles par une apparition tardive des différents symptômes ou encore par un tableau atypique de manifestations qui ne correspondent ni à l’autisme ni au syndrome d’Asperger. Les troubles de langage et les TED non spécifiés peuvent parfois être confondus en regard des limitations communes qu’ils imposent dans la sphère de la communication.
On parle de TED non spécifié lorsqu’il y a altération soit :

  • Du développement des interactions sociales ou des habiletés de communication
  • Du comportement, des intérêts et des activités stéréotypés et ce, en l’absence d’un trouble envahissant spécifique.

L'évaluation de psycho éveil des troubles TED

L’évaluation du Psycho éveil permet de poser le diagnostic psychologique des troubles envahissant du développement (TED) et de valider ou non la présence d’une déficience intellectuelle associée.
Pour ce faire, le neuropsychologue cible l’ensemble des sphères cognitives tout en accordant une grande importance aux sphères de la communication, de la socialisation et aux comportements atypiques présents depuis la petite enfance. L’entrevue avec les parents est essentielle pour recueillir toutes les informations nécessaires pour dresser un portrait juste de l’enfant et de ses symptômes. L’utilisation de questionnaires remis aux parents et aux différents intervenants permet aussi d’identifier les comportements atypiques, répétitifs ou les intérêts restreints de l’enfant dans ses différents milieux de vie.

Approche et traitements a psycho eveil

Le degré de sévérité des symptômes et le niveau de fonctionnement des jeunes qui présentent un trouble envahissant du développement TED est si hétérogène d’un cas à l’autre que la rééducation est conséquemment très diversifiée. Il est important de comprendre que la rééducation a comme objectif premier la diminution de l’impact au quotidien des déficits cognitifs, des difficultés de communication et de socialisation qui caractérisent les enfants TED plutôt que leur normalisation.

L’évaluation neuropsychologique permettra d’orienter l’enfant vers les ressources appropriées dépendamment des objectifs d’intervention soulevées lors de cette dernière. Ainsi, l’enfant peut être référé en pédopsychiatrie, en orthophonie , en psychomotricité ou en psycho-éducation (application de la méthode pex ou la méthode ABA), en psychologie ou encore d’orienter le jeune et sa famille vers des services spécialisés, que ce soit au sein du centre ou à l'extérieur

 

2.8 Les Retards du Raisonnement ou Dysharmonies Cognitives

Il s'agit d'enfants à l'intelligence normale mais dont le développement des structures de pensée est en retard par rapport à l'âge ou encore s'est développé de façon dysharmonique (Dysharmonie Cognitive). Certaines fonctions cognitives ne se sont pas structurées alors que d'autres ont suivi le cours normal de leur maturation. La dysharmonie crée des décalages importants dans le fonctionnement intellectuel : dans certaines situations l'enfant ne montre aucune difficulté, dans d'autres l'échec est soudain et inattendu. Ce trouble est très déroutant pour l'enfant lui-même mais aussi pour les parents et les enseignants qui ont souvent tendance à penser que l'enfant le fait exprès ! Une relation persécuteur/persécuté s'installe et l'échec se double de troubles du comportement. Pourtant seule cette perturbation cognitive est à l'origine des problèmes de l'enfant.

 

2.9 Les Déficits du Repérage dans le Temps et/ou dans l'Espace.

Ce sont des déficits localisés à des compétences précises mais qui ont des conséquences lourdes dans de nombreux apprentissages. Avec de mauvais repères spatiaux on se perd dans la lecture car les lettres "bougent", on montre de grandes difficultés à écrire correctement ou tout simplement à écrire sur la ligne, les opérations sont souvent fausses car elles ne sont jamais alignées correctement, et, bien sûr, tout ce qui a trait à la géométrie devient insurmontable. Même les cartes de géographie dans lesquelles l'enfant perd tous ses repères ! Quand ce sont les repères temporels qui sont affectés, l'enfant est vite perdu dans l'organisation, dans la méthodologie, il ne sait plus où il en est dans ce qu'on lui a demandé et fait les choses dans le désordre ou à l'envers. Les notions de temps, d'heure, de chronologie, de suites logiques lui deviennent inaccessibles. Et la lecture et l'écriture sont touchées. L'enfant s'embrouille, inverse les lettres, perd la structure et la syntaxe de la phrase,… Repères dans le temps et dans l'espace sont des bases nécessaires pour la plupart des apprentissages scolaires

Les tableaux des troubles des apprentissages sont bien sur plus complexes. De nombreuses autres difficultés peuvent être repérées. Nous en avons décrit les plus importants et les plus envahissants. De plus, certains troubles peuvent être associés, ce qui est fréquent. D'autres apparaissent de façon isolée.

Et surtout, la motivation: moteur de tout apprentissage, de tout désir de savoir et d'apprendre, doit être au rendez-vous. Sans motivation l'enfant le plus intelligent et le plus compétent n'arrive plus à se servir de son potentiel, de ses ressources, il n'a plus envie,… Tout un travail de remobilisation, de réanimation doit alors être rapidement entrepris au risque d'un péril scolaire et personnel lourd de conséquences.

Les apprentissages sont au centre de l'école, l'enfant est au centre de l'école, l'école est au centre de la vie de l'enfant. Un échec scolaire retentit sur toutes les sphères de sa personnalité, sur toute sa vie affective, sur tout son développement